Disques québécois de l'année
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Les nouveautés du mois de février



Louis-Philippe Robillard
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Le café des oiseaux

Le jeune ontarien se fait remarquer avec ce premier album digne de mention. Il en a fait du chemin depuis quelques années, notamment en passant une an à L'école nationale de la chanson de Granby, en plus de participer à différents événements comme les Rencontres qui chantent de Petite Vallée et le Festival de Granby où il s'est rendu en demi finale. Récipiendaire d'un prix du Conseil des Festivals Folk de l'Ontario, ce jeune franco-ontarien a même poussé la chanson en Europe, dans le sud de la France et à Istamboul en Turquie.

Il grave donc ce premier album au titre poétique de Café des oiseaux. Treize chansons originales dont une en anglais (Cold Wind) et le reste en français. Le CD démarre avec la pièce Édouard qui traite savamment d'un petit orphelin au grand coeur mais à l'estomac vide. Ce n'est là qu'un exemple des textes de Louis-Philippe, matures et poétiques, qui font preuve d'une belle ouverture sur le monde tout en gardant un oeil critique sur le citoyen et la société. Les musiques vont du folk au rock avec de beaux élans d'harmonica, de banjo, de mandoline et de dobro, des arrangements qui appuient bien le coeur solide des musiques de l'album.

Sur le disque réalisé par Charles Fairfield, je reconnais quelques musiciens, notamment Valérie Pichon du groupe Chakidor (violon, violoncelle), Richard Deschênes (basse, banjo) et bien sûr Charles Fairfield (claviers, guitares, banjo, basse, etc). Courte présentation de l'album sur le site de Louis-Philippe: "Cet album vous plongera dans un univers poétique où les mots décrivent les maux et où les hommes deviennent des oiseaux. Le café en question c’est l’endroit ou sa poésie et sa musique prennent le thé et font des chansons. L’ambiance y est toujours bonne, allez faire un tour, tout le monde est bienvenu!"


Réal V. Benoit et Claude R. Knight
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A ceux qui m'aiment

Auteur compositeur reconnu pour ne pas avoir la langue dans sa poche, Réal nous revient avec un album que je qualifierais de plus positif que les précédents. On sent toujours le besoin de dire les choses comme il les pense mais cette fois il met ses mots au service de l'amitié et, disons-le carrément, de l'amour. La pochette contient justement une remarque à ce sujet, question de faire en sorte que les auditeurs s'y reconnaissent et deviennent d'emblée partie intégrante de son cercle d'amis.

Pour ce projet, Réal et son ami (et gérant) Claude R. Knight ont presque tout fait eux mêmes, des guitares à la basse et aux claviers. Seuls certains éléments techniques comme le mixage et le matriçage ont été faits à l'extérieur. En écoutant les musiques country rock du duo, on se retrouve facilement dans des ambiances qui nous rappellent les années 60 et 70, les arrangements aidant. Certaines pièces comme Les moins bons moments sont carrément rock avec des guitares stridentes et un son plus lourd que ce à quoi Réal nous avait habitués. D'autres pièces font preuve d'une belle tendresse comme Moi j'ai toi sur un beat presque fifties.

Réal possède une voix particulière, travaillée au pic puis à la pelle comme on pourrait dire. On comprend facilement qu'il ne joue aucun jeu, quand il parle des pauvres, on le ressent très bien, quand il parle d'amitié, c'est senti jusqu'au fond des os. Un homme droit dont le style n'a pas vraiment vieilli. Il ne plaira peut-être pas au jeune public mais quiconque a envie d'entendre un artiste intègre, ne sera pas déçu.


Serge Timmons
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Où sont rendus nos dimanches

Auteur compositeur qui a décidé, après 25 ans d'une carrière non reliée à la chanson, de faire le saut et de revenir à ses premières amours. Après avoir interprété les grands de la chanson comme Brassens et Leclerc, il se lance les pieds joints avec ses propres chansons et un premier album intitulé Où sont rendus nos dimanches ?

On reconnaît facilement son intérêt pour la chanson dite française, style privilégié par les chanteurs qu'il affectionne principalement. Il en a profité pour mettre en chanson deux poèmes de Nelligan, soient Mon âme et Un poète. Les textes sont évidemment importants pour lui, mais ils doivent savoir faire passer les émotions, ce que des chansons comme Où sont rendus nos dimanches ?, sur le manque de temps pour relaxer, ou sur Crissez-nous la paix qui fait référence aux guerres de religion, toujours d'actualité en 2010.

Les arrangements sont fort agréables et la réalisation d'André Roy arrive à bien mettre en valeur le matériel musical et les textes de l'auteur. Je trouve le style fort agréable et réconfortant, on a l'impression de redécouvrir un artiste des années 70 qui aurait hiberné plusieurs années pour revenir nous chatouiller les tympans avec ses mélodies qui n'ont pas vieilli d'un poil, héritant simplement d'un son plus moderne au passage. Notons que Serge a remporté le premier concours Chanson Radio-Canada Musique pour sa pièce Si j'me lève qui, malheureusement, ne se trouve pas sur cet album. Malgré cela, n'hésitez pas à le découvrir sur Internet, le lien se trouve sous la pochette de l'album.

Les nouveautés du mois de janvier



Luigi Boezio
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Luigi

Habitant la région de Québec mais italien de souche, il nous présente un nouvel album d'une grande efficacité musicale, une réalisation d'Hugo Perreault (Okoumé) qui vaut franchement le détour ! Sur cet album, en plus des musiciens de Luigi, on retrouve les voix familières de Geneviève Gaudet et de François Duchesne ainsi que les claviers de Pierre Morin.

Après avoir entendu une très petite partie de sa prestation lors du lancement au Verre Bouteille, j'ai finalement pu entendre l'album au complet, deux fois plutôt qu'une tellement la première écoute m'avait accroché. Le CD ouvre avec la pièce Caravane qui donne le ton avec une ligne directrice que devrait faire des ravages à la radio (si on se donne la peine de l'écouter). Il suit avec un des textes fort colorés de cet album, Rigodon qui est couché sur une musique bien rythmée, donnant un sentiment d'urgence, ce qui sied très bien au propos.

On peut comprendre qu'il ait laissé des traces lors de ses passages sur scène, de Tadoussac à Montréal, ainsi que lors de la 5e édition du 2nd Skin Rock Contest Budweiser. Après avoir retenu les services de son réalisateur, Luigi a réuni de bons musiciens autour de lui, notamment Pat Paquet (Eons, The Suit XL) à la batterie et Fred Simard (Psychoblack, What The Funk) à la basse. Ce premier album compte 12 pièces originales dont les thématiques sont bien actuelles : amour, haine, désir, identité, besoin d’évasion, planète menacée… dans un style qu’il qualifie de « Pop Libre ». Pop, car il aime le moule. Des chansons courtes et minimalistes qui vont à l'essentiel. Et libre, car aucune censure interne ou externe n'entrave le processus créatif. Allez découvrir son univers musical, pour le plaisir de vos oreilles.


Francis d'Octobre
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Ma bête fragile

On l'a connu comme percussionniste avec différents artistes comme Catherine Major, Les Tireux d'Roches et le duo Alfa Rococo, faisant toujours sentir sa présence par un souci d'originalité au niveau de son travail musical. Cette fois, c'est à titre d'auteur compositeur que le jeune homme originaire de Drummondville présente un premier album aux mélodies originales et bien peaufinées. On saura reconnaître dans le titre de l'album l'apparente dualité entre la force ou l'énergie de la bête intérieure et sa fragilité surprenante.

Je suis impressionné par la qualité de l'enveloppe musicale de cet album. C'est original et très coloré, on sent une belle recherche au niveau des arrangements, ce qui rend le disque facile d'approche et très efficace. Tel que cité plus haut, il a travaillé avec Alfa Rococo (David Bussières et Justine Laberge) qui ont justement innové avec un son original qui leur était propre, j'ai senti le même genre d'énergie lors d'une première écoute de l'album de Francis, ce qui augure très bien.

Si on se penche sur les dernières années de travail en solo de ce nouvel auteur compositeur, on le retrouve en finale du Festival de Granby en 2007 ainsi qu'en finale des Francouvertes édition 2009, ce qui constitue une belle expérience et un formidable tremplin pour celui qui découvre maintenant le devant de la scène. Réalisé par Francis en collaboration avec Dom Hamel et Loïc Thériault, l'album compte 10 excellentes chansons et je suis déjà accroc au fer de lance que sera certainement Âme soeur, un véritable petit bijou autant au niveau du texte, de la mélodie que des arrangements. Permettant à ses fans de faire d'une pierre deux coups, Francis et ses producteurs ont même inséré à l'intérieur du CD un coupon échangeable pour un billet de spectacle lors des prochaines sorties de l'artiste. A découvrir !


Kim Bergeron
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Éponyme

Une belle petite surprise que ce mini album de 5 titres de Kim Bergeron, ancien membre du groupe La Révolt que j'avais beaucoup apprécié il y a quelques années. Flûtiste et pianiste, elle nous offre ses propres compositions pour la première fois sur disque. Pour ce faire, elle s'est entourée d'excellents musiciens dont Marie-Soleil Fortier (guitariste membre de Forestare), Éric Breton (percussionniste du groupe Ragleela) et Martin Charette (bassiste et guitariste de l'époque La Révolt).


Les musiques sont fort agréables à écouter, en général assez douces avec juste assez d'arrangements et de percussions pour enrober les textes sans les écraser. La voix est toute aussi douce avec de belles harmonies notamment sur la première pièce de l'album intitulée Mes souliers, représentant au figuré la quête de la bonne chaussure à mettre à son pied. J'aime aussi beaucoup la chanson Je le sais qui ouvre la porte à une relation amoureuse malgré les non-dits.

Les guitares de Marie-Soleil sont un charme pour l'oreille, la voix de Kim est douce et forte à la fois, les compositions et les textures musicales sont pleines de chaleur, en somme voici un petit album qui contient plus de jolies chansons que certains albums complets. Un 20 minutes qui passe trop vite mais en bonne compagnie !

Michel Parent