Au mois de juillet dernier, j'ai eu le plaisir d'assister au spectacle d'Alain Simard lors des Francofolies. C'est alors que j'ai réalisé que, même si peu de gens connaissent Alain directement, nous connaissons tous ses chansons pour les avoir entendues chantées soit par Mitsou, soit par Marianne ou soit par lui-même. J'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur sa carrière et je l'ai rencontré pour une entrevue au début du mois d'août.

C'est dans un bistrot du Plateau Mont-Royal qu'il m'a convié et nous avons passé quelques heures à bavarder et discuter du cheminement assez particulier de sa carrière. Il faut savoir qu'Alain se dirigeait résolument vers le cinéma et qu'entre l'âge de 13 et 20 ans, il a tourné une dizaine de courts-métrages avec sa caméra super-8, touchant à la fois la science-fiction et le drame d'horreur.

C'est vers l'âge de 15 ans qu'il commence à gratter la guitare et à se faire les dents comme auteur compositeur. En 1989, il écrit Mademoiselle Anne, et envoie une cassette démo à la maison de disques de Mitsou. Sans nouvelles pendant près d'un an, voilà qu'il reçoit un coup de fil: après avoir retrouvé la cassette au fond d'un tiroir, Mitsou a décidé de l'enregistrer sur son nouvel album. Quelle belle façon de faire son entrée dans ce métier que de voir la chanteuse la plus populaire du jour faire un succès de sa chanson.

Il travaillera ensuite avec une nouvelle chanteuse, Marianne, pour qui il écrit le succès "Histoire sans prénom". Sachant que le budget était limité pour lancer une nouvelle artiste, il reprend sa caméra super-8, descend à New-York et entreprend de filmer les images qui feront partie du vidéo-clip de la chanson. Superposant ensuite les images de la chanteuse sur celles déjà filmées, il finalise le vidéoclip avec un budget de quelques centaines de dollars, et obtient même une nomination aux "Much Music Awards".

Son nom commence à circuler, il est embauché pour tourner un vidéoclip de Nanette Workman et continuera de faire ses classes pour éventuellement réaliser les clips de ses propres chansons au fil des années. Recruté par Musique Plus, il devient le réalisateur des "Aventures du Grand Talbot", une sorte de satyre des films de super-héros, pour ensuite travailler à la série "Parodies sur Terre" ainsi que lors d'émissions spéciales mettant en vedette des artistes de la trempe de Beck et d'Eric Lapointe.

La plus récente série sur laquelle il a travaillé s'intitule "Hollywood P.Q." et parodie les reportages de journalistes qui sont sous-titrés ou doublés pour devenir (on le croit) plus compréhensibles. La série a duré deux ans, soit entre 1999 et 2001, et passe encore occasionellement en reprise.

Menant toujours en parallèle sa carrière musicale, lui qui écoutait les Beatles, Mc Cartney et Wings, Frank Zappa, Supertramp, Pink Floyd, et plus récemment les Stone Temple Pilots, The Cure et les Talking Heads, il nous offre finalement un premier album éponyme de compositions originales en 1996, album duquel seront tirés des succès comme "Mlle A", "Tant que la musique sera bonne", "Tu danses comme si..." et "Cabaret".

Premier Album
Deuxième album

On peut dire d'Alain qu'il écrit de la musique pop intelligente, aux rythmes entraînants et aux refrains accrocheurs... une musique qui est très radiophonique et qui prend une ampleur insoupçonnée sur scène lorsque jouée avec des arrangements plus rock.

En 2001 il récidive avec son deuxième album, "Chansons sur les filles et les autoroutes", une sorte de road movie pour lequel notre cerveau s'invente les images. Quelle belle chanson d'été que cette "...petite chanson joyeuse" qu'il chante en duo avec Nancy Dumais.

Plus récemment encore, il a offert à Luce Dufault son tout dernier succès intitulé "Si demain" que le producteur français Yvon Chateigner a décidé de faire enregistrer en France par Jackie Quartz, interprète surtout connue pour la chanson "Mise au point" dans les années 80.

Au cours de sa carrière, il aura donc travaillé avec Nanette Workman, Mitsou, Marianne, Nancy Dumais, Luce Dufault dont j'ai parlé plus haut, mais aussi avec le groupe Laymen Twaist. On a pu le voir trois fois aux Francofolies de Montréal (1997, 1998 et 2002), au Festival de Montgolfières de St-Jean sur le Richelieu, au Mont-Tremblant lors d'une fête de la St-Jean, en plus des premières parties d'Eric Lapointe, de Noir Silence, des Soul Attorneys, de Marie-Chantal Toupin et de la Chicane.

Je vous invite à visionner quelques photos d'Alain prises lors des Francofolies 2002, et prenez le temps d'écouter quelques extraits de ses chansons sur le site d'Archambault musique. Un talent qui mérite fortement d'être encouragé.

(c) QuebecPop.com, Michel Parent

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