Frédérick Baron


Vendredi le 17 novembre 2009
Spectacle au Gesù
Frederick Baron
Frédérick présente les chansons de son album Territoires Nord
Frederick Baron
Quand il a lancé son premier album solo l'année dernière, je suis tombé sous le charme de la poésie du Baron et de l'univers baroque qu'il avait créé pour mettre ses textes en valeur. Pour les offrir en spectacle, il lui fallait trouver le bon endroit, un espace qui puisse enrober les ambiances recherchées et c'est au Gesù, plus précisément à l'Espace Aline Letendre que le déclic s'est fait. Il s'agit en fait de la nef de l'Église, avec comme décor les grandes orgues, les arches toutes en hauteur, les tableaux de la passion, etc.

Le nom de Frédérick Baron n'est peut-être pas encore connu des foules mais il l'est de plusieurs interprètes québécois, étant un des auteurs les plus recherchés des artistes qui eux sont connus. Je pense à Mario Pelchat, Cindy Daniel, Sylvie Paquette, Marie-Élaine Thibert, IMA, et tellement d'autres. Prolifique, Frédérick avait entre ses mains de nombreuses chansons qui évoquaient des quêtes, des rencontres et des passages de vie. Il inventa donc le personnage du baron qu'il verra évoluer dans ces territoires aux confins du rêve et de la réalité, dans des endroits lointains, Les Territoires nord.

Avec l'église du Gesù comme toile de fond, par besoin d'un décor grandiose, on recrée un salon de la renaissance, avec candélabres, piano et marionnettes, on ajoute simplement une excellente pianiste en la personne de Lucie Cauchon (aussi à l'accordéon), des cordes avec Nathalie Bonin (violon) et Christine Giguère (violoncelle), de même que deux personnages un peu loufoques dont l'un sert aussi de présentateur.

Le spectacle est présente en trois actes, le premier s'intitule La Genèse et commence en douceur, seulement le piano de Lucie et la voix de Frédérick pour quelques pièces comme Les anticorps et Un homme heureux (de William Sheller), tirées de l'album Territoires Nord. On y entend déjà quelques nouvelles chansons, telles Mademoiselle, La nuit détend (un beau jeu de mots ici) et Ton visage. Au deuxième acte titré La Tribu, on retrouve le noeud principal de l'album, cette fois en présence des cordes de Nathalie et Christine: De lune en lune, La tribu, A la pointe du jour, Le bal des créatures, Mon fol amour et la pièce de résistance, Revenir à Neverland.

Finalement, le troisième acte fait place à un mélange de chansons de l'album ainsi qu'à de nouvelles pièces qui pourraient paraître sur le deuxième album de l'artiste. Intitulé Les Temps Modernes, on y retrouve donc les nouveaux titres Le théâtre des marionnettes, Les extrêmes s'attirent et Beauté américaine. Certaines de ces nouvelles chansons ont été offertes à Frédérick par Francine Raymond, Daniel Seff et Catherine Major.

Sur place, on est ébloui par la force de l'imaginaire de l'auteur, sa capacité de transformer cet espace en un lieu sans âge, un endroit où on peut faire la rencontre de créatures bizarres sur le chemin de Neverland. Poésie et théâtre rencontrent la chanson dans l'univers de Frédérick Baron et on ne peut qu'applaudir l'originalité qui nous fait passer des moments de cette intensité. Quand les gens applaudissaient, on entendait les échos à travers l'église, comme si des milliers de gens assistaient au bal du baron... Peut-être en fait qu'ils y étaient !
Frederick Baron
Lucie CauchonFrederick Baron
Frederick Baron
Frederick Baron
Nathalie BoninChristine Giguère
Frederick Baron
Frederick Baron
Frederick Baron
Mission accomplie !

Michel Parent