Entre le rouge et le noir
Soirées-cabaret au Zaricot de St-Hyacinthe


Mardi le 13 décembre 2005

Les magnifiques guitares d'Osmosaïc (Mario & Viviane)

Pascal Guertin
C'est avec des soirées comme celle-ci que le concept Entre le Rouge et le Noir prend tout son sens. En visite à St-Hyacinthe pour assister à la soirée concoctée par l'auteur chanteur Marc Bisaillon (Léopold Z), j'y ai découvert le talent de trois artistes très différents de cette région, tout en permettant aux maskoutains de connaître le duo Osmosaïc qui avait auparavant charmé les spectateurs du Petit Medley lors de la soirée Sourire D'enfant du 3 décembre dernier.

Chapeau à Marc qui nous a préparé cette prestation telle un crescendo d'émotions, d'énergie et de bonne musique qui vient des tripes. On débute avec Pascal Guertin, un excellent guitariste qui touche autant le blues que le folk. Le jeune homme est diplômé en aéronautique mais a choisi de faire de la musique son gagne-pain. Entre le style blues et le style chansonnier, Pascal fait sa place et il gagne de plus en plus d'adeptes dans cette belle région qui foisonne de talent musical.

Pour lui faire suite, le duo Osmosaïc s'installe avec leurs deux guitares acoustiques qui se complètent, se chevauchent, et enfilent les notes de leur créations musicales folk aériennes. Dans un style qui rappelle les Peter, Paul & Mary ou le Coeur d'une génération (ils sont trop jeunes pour les avoir connus), les ambiances musicales qu'ils créent avec leurs instruments et leurs voix sont magnifiques. Ce soir, les gens n'ont pu apprécier la voix de Mario qui fait normalement contrepoids à celle de Viviane puisque ce dernier souffrait malheureusement d'une laryngite. Qu'à cela ne tienne, il a uni sa guitare à celle de sa compagne et on avait presque l'impression d'entendre sa voix par moments. Encore une fois, ils ont séduit le public avec leurs textes poétiques aux mélodies empreintes de mélancolie.

Après une courte pause, Marc nous présente Nicolas Humbert, un photographe, journaliste, dramaturge et chanteur qui nous offrait donc ses chansons planantes aux textes inspirés. Entouré de Pascal Guertin à la guitare, d'Olivier Beaudry à la contrebasse et de Fred Lamoureux à la batterie, il a troqué son appareil photo (lui qui suit et documente plusieurs des spectacles présentés au Zaricot) pour la guitare et on ne s'en plaint surtout pas. Un très beau moment à passer.

Finalement, c'est le groupe Charlemagne qui a hérité de la tâche de terminer cette si belle soirée. Les membres du groupe sont Charles Auger (voix), Jean-Benoît Lasanté (guitares), Frédéric Flibotte (claviers), Sylvain Bertrand (basse) et François Bolduc (batterie et percussions). Pour ceux qui trouvent les noms familiers, sachez qu'ensemble ou séparément, ils ont travaillé avec Garou, Paule Magnan, Les légendes fantastiques, Bob Harrison, Jean Millaire, et plusieurs autres. Ils viennent à peine de lancer un premier album de chansons intitulé Jeux de société. Mi figue mi raisin, ils lancent leurs chansons pas toujours sérieuses et aux jeux de mots complexes portant à réfléchir. Là dessus, je vous recommande Le ménage erre, un exercice de style surprenant.

Le groupe existe depuis 3 ans environ et regroupe des musiciens de calibre international dont plusieurs sont originaires de la région maskoutaine. Festif, rythmé et coloré, comment résister ? Vous pouvez entendre des extraits et en savoir plus sur le groupe en visitant leur site au www.GroupeCharlemagne.com
Nicolas Humbert et ses musiciens
L'animateur Marc Bisaillon Sylvain Bertrand (basse)
avec Charlemagne

Beaucoup de plaisir grâce aux textes savoureux de Charlemagne
avec Jean-Benoît Lasanté (guitare) et Charles Auger (voix)

Mardi le 15 novembre 2005

L'auteur compositeur interprète Ian Fournier, maskoutain d'adoption
Marc Bisaillon
Claude-Andrée Caron
Pour débuter cette soirée de première, le mot d'ouverture a été lancé par l'organisateur des Cabarets en Montérégie, Marc Bisaillon qui est aussi auteur et chanteur pour l'excellent groupe Léopold Z. Fier de l'initiative et bien content du support qu'il a obtenu de William, le propriétaire du Zaricot, Marc a tenu à souligner la présence pour cette première soirée des deux co-fondateurs de l'événement de Montréal, Landriault et Anne-Marie Gélinas.

Ce sont justement eux qui ont ouvert le volet chanson avec leur co-création intitulée Plus aucun mur (ne nous fera tourner le dos) qui se veut un cri de ralliement tout autant pour les artistes de la marge et en émergence, mais aussi pour toute personne qui fait face à l'adversité dans la vie de tous les jours.

Marc invite ensuite une autre artiste de la région, la sympathique et talentueuse Claude-Andrée Caron, pour qui c'était la première occasion de s'accompagner elle-même sur scène. Entre le piano et la guitare, elle se déplace, le temps de chanter quelques chansons de son répertoire. Avec une jolie voix qui porte des textes personnels et intéressants qu'elle travaille justement avec l'auteur Bisaillon, Claude-Andrée a réussi à s'attirer l'oreille des gens.

L'excellent guitariste et mélodiste Ian Fournier lui fait suite. Installé dans la région depuis quelques années, l'auteur compositeur interprète terminait l'été dernier une année de formation à l'École de la chanson de Granby. Il nous a fait 5 ou 6 chansons dont deux étaient purement instrumentales, tirées de son plus récent album, Firanournie (un anagramme de son nom). Il a aussi interprété une chanson qu'il a écrite sur les triangles amoureux, la pièce faisant mouche au coeur de quiconque a vécu ce genre de situation.

Après la pause, ce fut à mon tour de présenter Landriault qui a ajouté sa palette de couleur noire (jusque là il y avait beaucoup de rouge) sur la soirée avec ses chansons engagées, telle SOS Humanité écrite pour protester contre le sommet des Amériques à Québec en 2000. Faisant écho à la chanson de Ian Fournier, il a aussi laissé parler sa passion avec Chanson pour Hélène.

Landriault est resté sur scène avec sa guitare pour accompagner Anne-Marie Gélinas lors de la prestation suivante. Ce sont joints à eux, Joseph Simnovec (basse) et Virginie Rigoine (piano). Toujours aussi intense, Anne-Marie ne s'en est pas laissé imposer par la qualité des artistes présents avant elle. Présentée comme la Richard Desjardins au féminin, elle a plutôt identifié son ami Richard comme étant une Anne-Marie Gélinas au masculin... c'est peut-être une boutade mais il reste que les deux savent nous prendre aux tripes par leur sincérité et leur façon de mettre en scène leurs émotions. Chus pas une fille, Non l'amour n'existe pas, Comme des nomades, plusieurs de ses classiques y sont passés et la vibration était bien là, présente, palpable.

Pour terminer la soirée sur une note énergique, Marc avait fait appel au groupe Les Truands, originaire de la région. Formé en 2002 par Dominic "Douménik" Lamoureux (voix, guitare), Frédéric "Fred Fokoff " Lamoureux (batterie), François "Frank Finatra" Letarte (guitare) et Christian "Chris Chubb" Boileau (basse, voix), l'énergique groupe ne manquait pas de fans dans la place et nous a offert une prestation moins relevée que leur matériel habituel mais tout de même très rock. Ils doivent en déménager un bout quand ils y mettent toute la gomme !

Les Cabarets auront lieu au Zaricot tous les deuxièmes mardis du mois à compter du 13 décembre prochain. L'invitation est lancée à tous les gens de la région.

Claude-Andrée Caron alternait entre le piano et la guitare
Landriault Anne-Marie Gélinas
Les membres des Truands (presque débranchés)


Michel Parent